Bienvenue ! Voici le blog des communistes de Villeurbanne. Ce blog nous permettra de pouvoir communiquer avec plus d'interactivité et de vous donner les informations des communistes en temps réel ! Unissons nous pour agir et changer la société ! Ensemble pour abolir le capitalisme !
C’est entre les deux tours de l’élection des législatives de 2012 , qu’enfla la polémique au sein du collectif Front de Gauche de Villeurbanne, sur un soi disant soutien des élus communistes à la candidate socialiste arrivée en tête du premier tour. D’aucun dirait : « quoi de plus normal ? » d’autres : « c’est une trahison ! ». Quelle façon des plus élégantes qu’en finalisant ce qui doit être un débat, une réflexion et le rapprochement d’arguments, par l’exclusion pure et simple des communistes des réunions du collectif. De réflexions, on en ignore tout ; de débat d’idées, il n’y en eut jamais si ce ne sont des invectives dès que l’on souhaite argumenter dans un autres sens et pour ce qui est de la construction commune de choix partagés, seul les communistes acceptèrent la compromission d’une déclaration qui s’est vue médiatiquement contredite.
Ainsi donc, nous soutiendrions la politique des socialistes et serions de serviles alliés ! Si ce n’était comique cela est du moins insultant. C’est dans une mixture nauséabonde où l’on jette pêle-mêle l’appartenance d’élus à la majorité municipale, les choix socio-économiques d’Ayrault et de Hollande, les orientations des politiques européennes d’austérité, les choix municipaux et les personnalités locales. On mélange tout avec tout pourvu que cela fasse plus révolutionnaire que contestataire, pourvu que l’on détruise, et que l’on discrédite !
Nous avons fait le choix d’avoir les mains dans le cambouis mais ce n’est pas pour autant qu’elles sont sales ! Nos choix sont issus de réflexions mais aussi d’expériences passées, il convient alors, qu’à défaut de débat posé, nous exprimions notre point de vue qui en voie de conséquence conduit aux actes.
Dans la lettre d’un militant, il y exprime de la colère, mais aussi la sincère envie de « partager et d’appartenir à un mouvement de gauche avec ses valeurs dont celle du respect de nos engagement ». Certes, mais à part cela, quelles sont elles ?
Pour nous, ce ne sont pas celles de l’égoïsme, de la vanité, ni du mépris, ou de l’arrogance. C’est pourtant à cela que nous avons été confrontés au sein du Front de Gauche à Villeurbanne. Nos valeurs ne sont pas celles qu’une droite bien pensante, bien catholique, prétend défendre, car dans leurs mises en pratiques et leurs choix politiques, ce ne sont que mépris de l’autre, vanité exacerbée comme celle du président déchu, et avarice dans les choix sociaux et économiques. Notre objectif est bien de rompre avec cela, car nos valeurs sont à l’opposé. Et en cela c’est un mouvement révolutionnaire pacifique que nous appelons de nos vœux ; à un soulèvement social relayé et dans les urnes et dans le monde du travail. L’adjonction des mouvements de révoltes dans les entreprises, dans les quartiers, partout où l’activité humaine s’exprime, et la mise en relais des pratiques contestataires par le vote est à notre sens le seul moyen de conquérir le pouvoir pour changer en profondeur et durablement ce monde qui tourne à l’envers. Alors c’est sûr, que si l’on ne regarde pas de plus près on peut se sentir trahi par l’appui à des candidatures socialistes. Il convient donc de s’en expliquer sur les raisons politiques qui mènent à faire ces choix, car ce n’est pas par amour du PS que nous le faisons. Dans tout choix, il faut tenir compte des réalités politiques et de l’action des citoyens qui en fin de compte ont le dernier mot. Quelles étaient-elles ?
1. Le détail des votes par bureau de vote, montre clairement que là où nous faisons beaucoup de voix, le PS en fait aussi beaucoup. Cela montre que nous briguons les mêmes électorats.
2. Au premier tour des présidentielles nous faisons 12,97 % à Villeurbanne et au national 11,10%. Le PS lui fait 28,63% au national et 33,82% à Villeurbanne. Or au premier tour des législatives nous faisons 7,5% à Villeurbanne et 6,91% au national et le PS fait 42,53% à Villeurbanne et 29,35% au national auquel il faut ajouter les voix du PRG et de certains Verts du fait de l’accord Verts-PS et des voix des divers gauche. On a alors environ 33 à 35%. Autrement dit entre les deux 1ers tours nous perdons des voix et la coalition PS progresse en pourcentage. Si l’on regarde les différentiels on voit que pour partie le gain du PS correspond à nos pertes. Je dis pour partie car les voix de F. Bayrou viennent aussi alimenter le contingent des voix PS. Ceci indique clairement qu’une partie d’environ 1/3 des électeurs qui ont voté Jean-Luc Mélenchon ont ensuite voté PS, et ceci partout en France. Cela de façon indépendante de la nature de la candidature car y compris les candidats PG ou GU subissent le même sort.
3. N’oublions pas non plus, qu’entre les deux premiers tours une différence phénoménale de la participation disparaît. Jamais une élection législative n’a vu un si fort abstentionnisme. L’inversion du calendrier n’y est pas pour rien, mais nous n’avons pas plus que les autres réussis à mobiliser pour les législatives. Pourquoi ?
4. Historiquement les candidats de gauche qui n’arrivent pas en tête du deuxième tour appellent à voter pour celui qui est arrivée en tête. Cela fait partie des traditions Républicaines de Gauche. Jean-Luc Mélenchon n’a pas dérogé à la règle et l’a fait pour Hollande « battre la droite en utilisant le bulletin Hollande ». D’ailleurs c’est ce que nous avions proposé lors de l’AG du FdG après le 1er tour mais pour la candidate PS à Villeurbanne. Nous pouvons comprendre que cela déplaise au vu des relations qui peuvent exister avec le PS, mais cela à toujours été fait, sauf naturellement quelques cas ou cela se passe mal, que ce soit du PS vers le PCF ou inversement.
5. La droite a fait son miel en voulant confondre le Front de Gauche avec le Front National. C’est Copé, président de l’UMP, qui expliquait cela dans tous les médias et il poursuit après les élections lors d’une émission sur France Inter du lundi 25 juin. Autrement dit, si nous voulons clairement nous détacher des véritables extrémistes qui eux sont hors des règles Républicaines, il nous faut donc agir en conséquence. Qui traditionnellement à gauche n’appelle jamais à voter pour le PS, mais à battre la droite ? LO, anciennement la LCR maintenant NPA, et d’autres petits partis d’extrême gauche. Cela n’a rien d’une partie de plaisir. Appeler à voter PS, c’est clairement dire aux électeurs : « nous sommes dans la gauche républicaine et nous pouvons gouverner », « et avec d’autres s’il le faut ». D’ailleurs, il le faudra car il est illusoire de croire que nous aurons un jour une majorité absolue.
6. L’objectif du Front de Gauche n’est pas de se suffire à lui-même, mais de rassembler très largement à gauche et donc pourquoi pas, qu’à terme des écologistes et des socialistes nous rejoignent. Jean-Luc Mélenchon a fait une déclaration très explicite à ce sujet, et la main doit rester tendue vers tous ! Il faut donc faire les choix stratégiques qui ne stigmatisent pas, mais qui montrent notre volonté d’intégrer ceux qui n’ont pas encore franchi le pas, de l’alternative au capitalisme.
7. Si la personnalité de Jean-Luc Mélenchon est sans conteste un facteur important dans la réussite aux élections présidentielles, bien que les pronostiqueurs estimaient un résultat plus élevé, elle n’est pas moins aussi l’une des raisons qui effaça et démobilisa pour le vote Front de Gauche aux élections législatives. Si l’on agrége à cela la volonté farouche, mais au combien compréhensible, de vouloir en découdre avec l’extrême-droite à Hénin-Beaumont qui eut pour effet d’orienter les objectifs médiatiques vers une seule circonscription, on comprend mieux le report de voix ou la démobilisation qui s’en suivi.
C’est collectivement et démocratiquement au sein du Front de Gauche que tout le monde peut participer à l’expression collective. Il est donc évident que des déclarations du collectif Front de Gauche se fassent jour. C’est là, la concrétisation par le consensus démocratique (et donc le compromis) des actions en commun. Mais cela ne doit jamais empêcher à aucune organisation partie prenante du FdG de se bâillonner. Au contraire c’est la garantie de préserver l’esprit unitaire qui nous anime ainsi que l’indépendance de chacun. Or c’est précisément cela qui nous a été reproché au lendemain du 1er tour des législatives. Ce n’est pas acceptable, particulièrement lorsque tout le monde sait que des différences d’appréciation persistent.
Nous avions alors fait le choix d’avoir une expression propre, et complémentaire de celle du collectif Front de Gauche, de faire un appel à voter PS au second tour. Nous avons la modestie de croire, qu’au vu du résultat, nous ayons été écoutés par les électeurs : 62,27% pour le PS et contre 37,73% pour l’UMP. C’est le plus mauvais résultats de l’UMP dans le Rhône et le plus mauvais résultat dans la 6ème circonscription depuis 1997 qui était alors une triangulaire. Comment ne pas être satisfait de ce résultat ?
Face aux réactions épidermiques contre le PS de certains, il est impossible de débattre sereinement. Et pourtant ! Notre électorat, vote ou votait déjà PS, il suffit de voir les parcours de ceux qui viennent au FdG. Nombre d’entre eux ont déjà milité au PS. Et en quoi notre électorat serait-il farouche à voter PS alors qu’il le fait déjà ?
On sait bien qu’au sein du Front de Gauche certains veulent en découdre avec le PS, mais demain lorsque nous serons majoritaire, il faudra bien composer avec eux mais aussi avec tous les français de tout bord. Sans compter que pour devenir majoritaire nous devons démontrer, que nous sommes aptes à composer et à rassembler. Nous devons aussi gagner l’électorat et cela passe d’abord par nos propositions alternatives et crédibles. Or nous avons marqué des points. Aujourd’hui le Front de Gauche est connu et reconnu sans compter qu’il inquiète. Et cela, il faut l’avoir clair à l’esprit. Il inquiète, et la droite et la gauche social-démocrate. C’est donc que nous sommes sur le bon chemin. Freiner le mouvement, en nous excluant du collectif du Front de Gauche ou en voulant avoir une attitude vindicative qui en fin de compte n’apporte rien, ne revient qu’à donner du crédit aux arguments de nos adversaires et à nous décrédibiliser face aux médias et face à la population.
Ce qui se profile aujourd’hui n’est ni plus ni moins que les municipales, tout le monde les a en tête. Or ce sont les tenants de l’éviction des socialistes d’un rassemblement large qui empêchent la réflexion pour réaliser l’union de la gauche pour ces échéances. Surtout scinder, surtout cliver, sans jamais se poser la question du rassemblement large ! N’est ce pas là l’attitude pour le moins sectaire à l’opposé de ce que le Front de Gauche veut se donner comme but et moyen ?